Fabienne Roques

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Démarche

Ajouté le 4 nov. 2020

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Ma peinture est figurative et spontanée. La réalité des situations, où le réalisme en peinture même s’il est inévitable, n’est pas un obstacle encore moins un refuge.

Je peins des hommes et des femmes, mais comme une personne n’est pas que son corps, je cherche plus loin. C’est cet au-delà du corps physique qui m’intéresse. Je capture l’essence, le sens subtil, l’indéfini, d’une situation ou d’un moment en laissant ouvert le flux de mon imagination. La poésie.

Durant le travail de peinture, j’associe librement mes traits avec des mots, et des couleurs. Je donne une direction à l’œuvre. Cette direction s’affine au fur et à mesure. Elle peut varier aussi. Il n’y a pas de certitude jusqu’à l’apposition de la signature. Cet état d’esprit provoque des bonnes surprises,  des prises de risque à surmonter, insuffle à la peinture une singularité indispensable. Pour cette raison, chaque œuvre est unique. Elle est la somme d’un thème, d’un moment, du hasard. Reproduire serait empêcher le miracle. Les œuvres s’organisent en collections ou série autour d’un thème couvrant des enjeux sociaux, humains.

Je mélange les techniques avec une préférence pour : l’huile, l’aquarelle, le pastel, l’encre, le collage sur de la toile, du bois, du papier.

Les supports sont verticaux, offrant la possibilité aux figures humaines de s’animer en personnages vivants. Je laisse au spectateur le soin de la mise en mouvement des personnages. C’est de cette interaction, entre le spectateur et la peinture, qu' est l’enjeu réel de mon travail. Je cherche le lien. Depuis quelques années, j’associe à mes œuvres des textes et performances.

Les thèmes sont autobiographiques, Je peins ce que je connais. Je compose en transparence. L'œuvre part de moi et va vers l’autre. Je propose l’échange .

Avec cette démarche, j’ai dessiné en 2019 : S’il te plaît, dessine-moi une psychanalyse, écrit par la docteur Jean-Charles Crombez. Ce livre décrit des situations habituelles entre l’intervenant et le patient.

D’origine française, j’ai immigré en 2009 au Québec. Très rapidement, j’ai compris qu’il me serait impossible de peindre les gens d'ici puisque je ne les connaissais pas. Je ne pouvais continuer à travailler à Montréal, comme je le faisais dans mon atelier niçois. Tout était différent, le territoire, le climat, l’histoire. Puisque je ne comprenais rien, je devais faire l’effort d’aller vers eux, puisque c’était eux que je voulais peindre.

 Pour cela, quoi de mieux que l’hôpital ?

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 Pendant huit ans, trois jours par semaine j’ai animé des ateliers de peinture pour les patients de CHUM, dans les services de gériatrie, oncologie, neurologie, psychiatrie et soins palliatifs. J’ai eu la chance de rencontrer des centaines de personnes. Nous avons, elles et moi partagé beaucoup de peinture, surtout, je les ai écoutées. Aimées. Je me suis enrichie à leur contact, de leurs histoires de vie, de leurs croyances, de l’organisation des familles. Ma palette s’est enrichie d’une culture nouvelle.

Il a toujours été important pour moi d’avoir un atelier avec pignon sur rue. Il m’a fallu du temps pour comprendre que cette ouverture sur l’extérieur allait avec mon grand besoin de l'Autre.

Je peins l’humain, lui seul m’intéresse.





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Créé avec Artmajeur